Tinder n'est-il qu'un leurre ?

Tinder n'est-il qu'un leurre ? A force d'entendre mes amis me parler de leurs déboires sur la célèbre application de mobile qui revendique plus de 50 millions d'abonnés à travers le monde - et un peu plus de 10 millions en France, la grande majorité située en région parisienne - et surtout à force de m'entendre juger la chose sans jamais avoir essayé, je m'y suis inscrite par curiosité. Ou plutôt, on m'y a inscrite malgré moi. Un début de soirée avec mon meilleur ami, avant de sortir retourner la ville, il a jugé bon de me faire découvrir l'envers d'un décor que je trouvais particulièrement malsain, avant même d'y avoir posé mon premier like. A juste titre.
Tinder ou le catalogue la Redoute de l'amour : Des millions de profils qui se suivent et ne se ressemblent pas. Entre les faux beaux-gosses et les vrais moches, les pseudos comiques et les dragueurs un peu lourd, sans compter les profils robots et autres dépravés sexuels, on trouve de tout et surtout n'importe quoi. J'ai donc perdu un temps fou à balayer et balayer encore les profils des (trop?) nombreux inscrits avant de poser mon premier like. Mais je me suis armée de patience, et dieu sait que la patience est loin, très loin d'être ma qualité principale.
 
Swap, Like et... Match : A force de zapper les uns et les autres, je suis quand même tombé sur quelques profils intéressants, on se rassure, la région parisienne ne regorge pas seulement de dragueurs compulsifs en mal d'amour. Après avoir liké, tu sais directement si l'autre personne as "matché" avec toi. Et la conversation peut démarrer. Moi qui me pensait au niveau zéro de la drague, je suis rassurée. La majeure partie des serials tinders sont pire que moi, et creuse encore !
La drague à portée de main : L'avantage de Tinder c'est qu'il est accessible tout le temps et partout, comme notre smartphone est greffé au bout de notre bras. Entre les nombreuses notifications et la tentation permanente de lever de nouvelles proies, l'application en devient intrusive (vous avez dit malsaine ?). Si vous liker compulsivement les autres abonnés, c'est la garantie indéniable de recevoir (au bas mot) une trentaine de messages de personnes différentes par jour. Autant de conversations qu'il faut entretenir, et de rencontres qu'il faut planifier (en ayant bien conscience que vous risquez à tout moment de tomber sur un psychopathe qui va vous attacher sur son lit pour vous massacrer à la tronçonneuse).
Une perte de temps faramineuse : Moi qui me plaint déjà en permanence de ne pas avoir assez de vingt-quatre heures dans une journée pour faire tout ce que j'ai à faire, Tinder me semble définitivement chronophage, et la rentabilité bien moindre au rapport du temps que j'y investis. Il faudrait dépenser une énergie folle entre le tri des profils qui nous plaisent éventuellement, ceux que l'on acceptent de rencontrer, ceux que l'on veut bien revoir (qu'on se rassure pour certains il est évident dès le premier coup d'oeil qu'il n'y aura pas de deuxième chance), ceux qui annulent au dernier moment, et ceux qui en trouvent une autre la semaine suivante, l'équilibre est difficile à trouver.
Un équilibre d'autant plus difficile à trouver que la plupart du temps, vous investissez sur du vent. La plupart des mecs inscrits (et des nanas) s'inventent des empires... de poussière qui partent assez rapidement en fumée. Les baratineurs se repèrent dès le premier coup d'oeil, mais pour certains, le bénéfice du doute est parfois permis et, il faut attendre leurs discussions vides de sens autour d'un verre pour le comprendre. Entre ceux qui ressemblent davantage à Brad Pitbull qu'à Brad Pitt, contrairement à ce que semblait indiquer leurs photos de profils, ou ceux qui ont mitonné leur CV comme s'ils préparaient un entretien d'embauche (checker LinkedIn avant s'avère souvent utile), la déception est de mise. Je ne vous parle pas de ceux qui vous feront miroiter monts et merveilles pour finalement... ne jamais vous rappeler. Mais qu'on se rassure, il n'y a pas que sur Tinder que les mecs sont des menteurs. Ils le sont aussi dans la "vraie vie".
Y-a-t'il un après Tinder ? Mesdames, vous serez déjà bien chanceuse si vous passez l'étape du petit-déjeuner post-soirée. Avec un peu de chance, vous serez tombé sur un homme honnête qui n'y sera pas allé par quatre chemins pour vous faire comprendre qu'il n'y aura pas de lendemain. Au mieux, vous l'aurez compris toute seule. Au pire, vous allez souffrir pour rien en attendant désespérément un message de sa part après avoir attendu trois rencards pour coucher avec, pleine de principes que vous êtes. Rappelez-vous : au XXIe siècle, l'amour est un téléphone qui ne sonne pas et, surtout, les mecs sont d'une patience (et de mensonges) infinis lorsqu'il s'agit de vous mettre dans leurs lits.
L'horreur dans toute sa splendeur : Même si vous n'êtes pas sur Tinder, qu'est-ce qui vous dit que votre mec, lui, n'y est pas ? Et drague la moitié de Paris dans votre dos. Sans citer de nom, combien de mes amis censés être en couple ai-je croisé sur l'application ? Bien trop malheureusement. Et je n'ai pas été assez garce pour liker la personne en question pour savoir si elle matchait en retour.
L'exception qui confirme la règle : Histoire de ne pas passer pour une nana défaitiste qui s'amuse à faire des généralités de cas communs, je vais y aller de ma petite exception pour témoigner que, oui, on peut parfois trouver la perle rare sur Tinder. C'est arrivé à certains de mes amis, malheureusement, leur histoire s'est (souvent) terminée en eau de boudin. Mais, c'est sûrement parce que l'amour termine mal en général.
Bilan : Après deux semaines d'une enquête sociologique haute en couleurs, j'ai préféré remiser l'application dans la corbeille de mon smartphone, dépassée par cette application qui ne me déçoit pas en tant que telle. A vrai dire, elle est plutôt très bien faite, les développeurs sont excellents, cela ne fait aucun doute. Ce n'est pas tant Tinder qui me déçoit que cette génération Y devenue dépendante du virtuel, comme si la réalité n'était pas assez décevante comme ça. De tous ces gens accros aux réseaux sociaux qui ne savent plus vivre autrement que derrière un écran, et, pris au piège de cette société de sur-consommation ne pensent qu'à collectionner les conquêtes et les histoires d'un soir persuadés de trouver là un bonheur qui n'est, au fond, qu'illusoire.
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